Glossybox est une box de beauté par abonnement, née à Berlin chez Rocket Internet. Fin 2016, j'étais depuis plusieurs années dans les finances de Jumia, en Afrique, celui qu'on appelait quand les chiffres brûlaient. J'avais envie de changer d'air. La DRH de Jumia a fait remonter mon CV à Berlin, et Glossybox m'a recruté comme directeur financier du groupe.
La situation
Le groupe était en train d'être vendu. L'acheteur, The Hut Group, avait suspendu les discussions : les finances n'étaient pas lisibles. Dans les mots de la CEO de l'époque : la cession était bloquée à cause de la qualité de la donnée financière.
- Cinq filiales, cinq façons de faire. France, Suède, Norvège, Royaume-Uni, États-Unis : chacune gérée à sa manière, en normes comptables locales.
- Une consolidation bancale, et pas de normes IFRS, celles qu'un acheteur international attend.
- Pas de calcul du besoin en fonds de roulement, sur un modèle par abonnement, où c'est justement là que se joue le cash.
- Pas de reporting. Les directeurs pays ne savaient pas ce qu'ils dépensaient. Les comptables et les financiers locaux travaillaient isolés.
- Des frais de holding jamais répartis : on les prenait là où il y avait de l'argent.
- Des échanges commerciaux qui n'étaient pas comptabilisés, avec des conséquences fiscales dans chaque pays.
Ce que j'ai fait
- Nettoyer et régulariser la comptabilité, pays par pays, avec l'administration fiscale quand il le fallait. Et piloter un contrôle fiscal sur la holding.
- Passer tout le groupe aux normes IFRS.
- Normaliser le calcul du besoin en fonds de roulement, sur un modèle par abonnement et en plusieurs devises.
- Créer un reporting financier que chaque directeur pays devait signer, tous les mois.
- Consolider les comptes du groupe, et répartir les frais de holding.
Le résultat
Le 14 août 2017, The Hut Group a annoncé le rachat de Glossybox à Rocket Internet et Kinnevik : huit mois après mon arrivée.
« Nous avons mandaté Guillaume durant la cession de Glossybox (70 M€ de chiffre d'affaires). La cession était bloquée à cause de la qualité de notre donnée financière. Il a restructuré l'ensemble du groupe, sur cinq pays, l'a mis en conformité avec les normes IFRS et a piloté un contrôle fiscal sur notre holding. La cession a été finalisée huit mois après son arrivée. »
— Caren Genthner-Kappesz, CEO de Glossybox, recommandation LinkedIn.
Ce que ça dit pour une entreprise aujourd'hui
Une entreprise qui grandit par pays ou par filiales finit souvent avec des chiffres que personne ne lit de la même façon : ni le dirigeant, ni les équipes, ni un acheteur, ni un investisseur. Le jour où il faut lever, vendre ou simplement décider vite, c'est ce qui bloque. Remettre une seule lecture des chiffres, signée par ceux qui dépensent, c'est souvent le premier sujet que je prends.
Sources
- THG, août 2017 : l'annonce du rachat de Glossybox.
- Beauty Packaging, 14 août 2017 : le rachat, vendu par Rocket Internet et Kinnevik.
- Crunchbase : mon poste de directeur financier chez Glossybox, à partir de janvier 2017.
- La recommandation de Caren Genthner-Kappesz, sur mon profil LinkedIn.